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 BLOC NOTE

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Neven Philladel
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MessageSujet: BLOC NOTE   Ven 28 Avr - 23:23

le soleil agonise dans le fond, le ciel s'est peint dans toutes les teintes pourpres possibles, du rouge vif pétant au jaune flashy comme le néon d'une boite de nuit, en passant par un rose pute délavé. ça s’étale dans le ciel comme une gouache  ou un rouge à lèvre écrasé. ça ferait une jolie photo mais il laissé son téléphone chez lui otto, il l'a oublié. comme il a aussi oublié ses clefs quelque part, juste le double qui traîne dans ses poches par chance. il a aussi oublié ce qu'il faisait ici, il est sorti du poste après avoir fini et. et il s'est juste mit à marcher pendant de longues minutes en pensant qu'elles pourraient vite se transformer en heures, en espérant que ça passe le plus longtemps possible ne jamais s'arrêter et faire le tour de la terre, une révolution complète. que quand il rentre il n'y ait plus de vie, personne dans l'ascenseur, ni dans la cage d'escalier, pas de voisines rentrée des courses à aider. rien, le silence complet. et puis il a envie de dormir ce soir aussi, il aimerait bien avoir une nuit une vraie, complète. il réclame pas mal de trucs en ce moment, des solutions, un petit coup de pouce de la part du barbu, de la bonne étoilé, au choix, pour une fois, un panneau qui donne la bonne voie, pas le chemin justement qui mène vers le piège.
et puis merde. parfois ça vaut juste pas le coup de se mettre la cervelle dans tous les sens, de balancer les neurones dans le mixeur, y a juste à lâcher un peu de leste et les choses s'arrangent d'elles mêmes. au mieux, au pire, il est plus à ça prêt. il se laisse tenter par les vagues qui s'écrasent sur les rochers, sur le sable, qui dessinent des formes sur la plage mouillée, au milieu des coquillages et des crustacés. il s'attend presque à voir une sirène échouée sur le rivage, mais c'est sur une épave qu'il tombe. léandre. léandre c'est un type que la liste des cas désespérés, à croire que tout ceux qui s'assoient sur une chaise pour lui parler finissent tous par perdre quelque chose. il sait pas si pour le coup il est juste maudit ou on l'a prit pour la vierge marie sans la virginité et les seins en moins. joseph à la rigueur. léandre, c'est un parmi des milliers et c'est parce qu'il va souvent casser la croûte dans sa cuisine qu'il se permet de s'approcher. salut. de briser le silence. il vient se poser à coté comme un voleur.
il vole sa tranquillité.
t'as pas l'air dans ton assiette.
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MessageSujet: Re: BLOC NOTE   Ven 16 Juin - 21:47

Jadis sa seule réponse aurait été de se noyer dans son verre plutôt que dans ses yeux, comme un incapable à qui on aurait coupé la langue et le souffle au même passage. Parce que c'est toujours plus simple que dans nager dans les belles paroles, tout ce qu'il aurait gagné c'est de couler dans les méandres de ses mensonges et de ses promesses blanches.
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MessageSujet: Re: BLOC NOTE   Ven 7 Juil - 11:37

Il sait pas si il a réussi à la calmer mais d'un coup, il a l'impression que tout est retombé. Le calme plat, ça dure pas longtemps mais même quand elle revient à la charge y a plus cette violence de la première fois. C'est sans doute que c'est comme ça qu'ils fonctionnent, c'est plus facile de se détester que de creuser, de connaître, d'essayer de s'adopter. Ils ont
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MessageSujet: Re: BLOC NOTE   Lun 10 Juil - 10:51



Beaucoup de choses se bousculent dans sa vie, dans sa tête, comme-ci son univers était en expansion, que se cognaient météores et comètes dans sa tête et tantôt il se retrouvait avec des pluies d'étoiles dans les yeux, tantôt c'était l'enfer du big bang qui manquait de calciner tout ce que son petit coeur n'était pas capable d'endurer. Il connaissait le mal de mer, le mal des transports, mais le mal d'univers, c'est un tout nouveau concept inventé par la jeunesse d'aujourd'hui, celle qu'un jour il méprise et dans laquelle le lendemain il se rappelle appartenir. Des chiffres qui décident du destin, de l'avenir. Ne pas se sentir à sa place dans le monde qui vous a vu naître, c'est la pire des ironies, pire encore que naître dans un corps qui n'est pas le sien encore un grand mal de la décennie. A croire que la guerre ne s'est jamais finie et qu'elle ne se joue plus entres des nations mais dans le coeur des hommes, qu'on s'est habitué à l'angoisse, à se battre constamment et que la simple notion de paix donne la nausée. Tout d'un coup, il faudrait accepter de vivre une existence où il ne se passe rien.
Il faudrait accepter d'être la génération creuse et vide, dans laquelle on se rallie à des machines pour se sentir exister, dans laquelle c'est des câbles qui perfusent les émotions, une génération dans laquelle tout ce qui est faux peut envie devenir vrai, pourquoi qu'on évite de se retrouver en face de cet idéal perdu qu'est la réalité. Les mégaphones laissent placent aux claviers, les nouvelles révolutions se jouent dans l'espace commentaire.
Et le pire dans tout ça, c'est peut-être qu'il y arrive, quelque part, même en essayant de vouloir se taillader. De toute ses forces. Voudrait être percuté, martyr, voudrait être déchet. Il veut savoir comment on fait Ed, pour avoir envie de sauter d'un toit et apprendre à voler, parce que marcher sur ses deux jambes lui a toujours suffit. L'impression de rater, passer à coté de quelque chose, passer à coter de la mort. Il se fond dans la masse, enfile son costume de caméléon, la journée le petit con lambda qui déconne avec ses potes et fume en silence pendant sa pause, le soir s'invite dans le pays des loups gris et fait persister la déchéance, vend la daube pour permettre à d'autres d'arriver à exister. Comme un cercle de la vie dans lequel il est prédateur et chassé, par un miracle inexpliqué ce n'est pas tout en bas de la chaîne qu'il se retrouve enchaîné.
Il contemple la rue du haut de son appart, protégé de la chaleur par sa petite fenêtre. Voyeur. C'est même pas le cul des filles qu'il matte, juste le mouvement des bagnoles, des rues, les phares qui éclairent les tags sur les murets. La ville, de toute sa hauteur, s'exprime en réelle beauté. Plus jolie qu'une fille poudrée, plus joli qu'un mec musclé. Sa ville. Il pense qu'il est en train d'oublier Paris, il pense à ces choses et d'autres. L'argent. La température augmente dans ses veines proportionnelle au temps qui passe. Il attend. L'attend. C'est son genre d'être trop con, trop bon à Ed, alors il lui a prêté de l'argent. Il la connaissait de nulle part, si ce n'est que c'est la plus droguée qui lui ai jamais acheté de la dope. Il sait pas s'il a eu pitié ou s'il pensait l'aider. Mais li, il peut pas se permettre de vivre à crédit. Il deale pas pour la gloire, il deale pas pour un gang. Il deale pour manger. Et ça suffit à alléger suffisamment sa conscience pour se pardonner d'être aussi possessif de quelques billets. Vingt minutes qui se doublent, qui se triplent. Il repense encore à la vie, parce qu'il n'a que ça à faire. Il pense à son reflet que renvoie la vitre, sa gueule un peu fatiguée, il a les cernes faciles. Mais ça l'empêche pas d'avoir encore la tête de bébé dans le corps d'un ado. Est-ce qu'il est adulte quelque part au moins, peut-être quelque part dans sa tête. Quand il se pose au bord de cette fenêtre et se grille un clope en attendant.
C'est peut-être ça le truc, il a déjà l'âme trop vielle. Syndrome de Burton, il rajeunit en allant dans le temps.
Il l'attend presque pas frapper. Il remet sa chemise correctement, se donne le genre sérieux. Pour impressionner, faire sérieux. Pour se rassurer, pour faire baisser la pression qui monte. Il est pas facile à énerver Ed. Mais quand ça arrive, c'est sournois comme un serpent, impossible de savoir quand il va mordre. Lui même ne le sait que quand il s'y met.
Il ne sait pas si ça l'énerve que Nico ait prit le temps de ressembler à quelque chose avant de venir, mais tout ce qu'elle peut mettre sur sa face ne cachera jamais les maléfices de la drogue. Elle a quelque chose de fascinant, comme rencontrer la faucheuse en personne. Elle apporte le froid, le malheur. Elle apporte ces choses que Ed a laissé sur le paillasson quand il a quitté Paris. Un message de l'au-delà. Pas de bise, pas de bonjour, ni de bonsoir, ni de bonne nuit. Ni rien, il veut pas s'éterniser Ed.
Je suis désolé d'en arriver là. Il soupire. Il est aussi fatigué que remonter, y a de l'acide sur ses lèvres et un incendie dans le creux de ses reins. Il s'en veut de s'être fait avoir. Il s'en veut de continuer d'être sans doute trop flexible.
J'ai besoin de cet argent, je sais que tu ne vas pas me le rendre si je continue d'attendre. Je suis pas un idiot. Et quoi, c'est le moment dans les séries ou il plaque le flingue contre sa tempe et lui demande de prier ? La détonation réveillerai tout le quartier, le trou dans son crâne, le parquet rayé. Et son chèque de caution qui s'envole, les menottes aux poignets. Il fusille juste des yeux.
J'espère sincèrement pour toi que t'as un plan de secours ! Il s'adosse au sofa les bras croisés, méchant, vilain papa qui réprimande un gosse, sauf qu'ils ont le même âge et savent ce qu'ils font tous les deux. Mais il doit pas céder Ed, la laisser s'enfuir, c'est bien pour ça qu'elle est là. Pour pas qu'elle puisse déguerpir si facilement. Et s'il doit attendre la fin de la nuit qu'elle trouve ses mots et courir tout Lyon pour son argent il se dit qu'il le fera. Parce que si c'est pas le cas il va sans doute devenir fou.
Y a un neurone qu'est sur le point d'exploser, qui fume. Quelque chose au fond qui lâche.

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MessageSujet: Re: BLOC NOTE   Mer 19 Juil - 21:27

Ed n'a jamais eu de soucis pour rencontrer des gens, c'est un fait, que ça lui plaise ou non, qu'il ait voulu être l'ado renfermé, le geek de la bande n'y a rien changé. C'est tout con, mais il a ça dans le sang, le sourire commercial, la poignée de main diplomatique, le charisme de rue qui donne envie de lui demander son chemin, peu-importe au final, qu'au fond de ses yeux il ait l'air paumé. Ce qui compte c'est l'impression qu'il donne, c'est l'allure que quelques fringues et notes de cigarettes et de parfum lui donnent
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MessageSujet: Re: BLOC NOTE   Jeu 20 Juil - 0:51

Y en a qui disent que c'est les personnes qui font le plus de conneries qui sont les plus tristes, qu'elles cachent leurs malheurs derrière leurs conneries, qu'elle font les clowns pour cacher leurs larmes, parce que la maquillage qui coule est moins effrayant quand il est caché derrière un faux sourire.
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MessageSujet: Re: BLOC NOTE   Ven 21 Juil - 22:05

Ses yeux coulent une chape de béton sur lui, emprisonnant son propre regard à la contemplation, forcé de lui faire face dans toute sa splendeur dramatique. C'est une belle comédienne et si elle ne joue pas, c'est une triste personne, dans tous les cas elle ne lui évoque que de la pitié. Il ne sait pas combien de temps passe, combien de secondes peinent à s'écouler pendant qu'il refuse de bouger, incapable d'oser respirer, la poitrine comprimé par la lave de ses mots, il ne reste plus que l'incendie dans son esprit, les flammes qui lèchent ses cotés et qui brûlent ses lèvres. Autour de sa nuque, les doigts de la harpie se resserrent autour de l'animal effrayé. Il ose à peine bouger, de peur de voir le piège se refermer autour de sa nuque et briser ses rêves en même temps que la frontière entre la réalité et ses désirs inavoués.
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MessageSujet: Re: BLOC NOTE   Sam 5 Aoû - 22:31

Quand Matilda est morte, elle n'était pas encore Matilda, juste une ébauche, une esquisse de ce qu'elle aurait pu être, à milles lieux d'être qui elle est aujourd'hui. C'est la mort qui lui a donné la vie.
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MessageSujet: Re: BLOC NOTE   Lun 7 Aoû - 0:24

Les gens ont tendance ces derniers temps à le rendre malade, malade de vivre, malade de se sentir complètement attardé dans la société. Comme un mal de siècle bien installé qui n'a plus envie de quitter et dans lequel il se complet à se sentir décalé. Impression que sa place vient de sauter, qu'il y a un prix sur sa tête maintenant et qu'une armée d'idées noires essayent de l'arrêter. Quand il regarde tout l'univers vivre, il se demande parfois ce qu'il a raté dans la sienne de vie, Ed, pour que son rôle ici ne lui apparaisse pas comme une évidence. Pourtant tout semble rangé à la bonne place, toute les pièces du puzzle finissent par s'emboîter, le métro, boulot, dodo, finit par s'installer comme la grande tradition, c'est n'est plus qu'une éventualité. Sa vie vient enfin de commencer réellement, ce moment où tout est sensé enfin prendre  sens. Il ne crèche plus chez ses parents, on peut même dire qu'il a clairement tracé un trait sur sa vie d'enfant, sur eux, sur tout ce qui fait son passé. Y a des gens qui courent après lui et il courre après des filles en faisant comme-ci tout ça c'était sérieux, et au milieu, y a un type qui voudrait finir sa vie avec lui et milles baisers qui rendent ses nuits plus supportable même quand il est seul. Reste le souvenir. Les promesses en l'air, trop difficile d'y croire quand il est clean, presque envie que ce ne soit que des mensonges pour avoir une bonne raison de détester sa vie. Ed fait ce qu'il est sensé faire dans ce genre de situation, il reste cruellement silencieux sans rien promettre, réfléchir à la situation, poser le pour et le contre, réfléchir à pourquoi il ne voudrait pas être enfin en équilibre. Peut-être qu'avec le temps, il a fini par aimer le vide, que danser sur le fil du rasoir lui suffit, cette petite dose d’adrénaline qui suffit à lui rappeler que tout cette mélancolie a un sens. La peur ça le maintient d'en l'envie du bonheur. Il a terminé de se perdre dans les livres et les histoires racontées par la télé. Il est grand maintenant, un grand garçon, ses histoires et ses contes de fées il doit les vivre en vrai. Mais la réalité lui paraît parfois si fade. Pour ne pas dire insipide, même ses rêves sont lipides et simples. Parfois il rêve qu'un fantôme l'embrasse, le lendemain il rêve de son boulot, de se noyer dans la machine à pop-corn. Personne ne l'entend quand il crie au secours.
Ed pense qu'il ne crie pas vraiment. Qu'il n'a peur de rien, pas même de mourir. De toute façon, le seul qui a le droit de le finir, c'est lui même. Il ne compte pas donner à quelqu'un l'occasion de le faire clamser. S'il doit crever il veut pouvoir choisir son trottoir et la manière dont ça doit s'arrêter. Ne pas se réveiller dans son lit ça lui paraît trop beau à demander, il veut juste pas la balle entre les deux yeux. Pitié. Il veut pas de plomb dans ses cheveux. Il veut pas qu'on se souvienne de lui comme quelqu'un de malchanceux. Ce qu'il a toujours été. Le karma ne l'a jamais aimé, il ne sait pas il a été Ed, dans ses vies passées, visiblement un type qui mérite toutes les emmerdes qu'il traîne. Une mauvaise graine, ça engendre une mauvaise herbe. Et les mauvais herbes, on les arrache. C'est comme ça. C'est pas un drame.
Ed reste toujours enjoué, plaque son sourire jusqu'au soir sur ses lèvres, toute la journée l'air commercial reste figé sur son visage, un frisson d'ennui qui semble jamais traverser le masque. C'est pas grave qu'il se dit, ça passera comme c'est passé à tous le monde, comme la crise d'ado est passé sans qu'il réussie à s'ouvrir les veines, comme la peine de la rupture est passé sans qu'il finisse la dixième bouteille. Tout finit par passer, la douleur, la joie, l'amour, les craintes, les peines, les envies, les refus. Des éphémères à commander, s'il avait de l'argent, il pourrait tous les garder, les meilleurs.  Mais il est pauvre, Ed il est fauché, il prend le bus de ville en zieutant derrière lui de peur de se faire chopper parce que son ticket n'est pas valable, ne l'a jamais été. Il aurait déjà du finir en taule, pour ce qu'il a dans ses poches, pour toutes les choses qu'il a volées et qu'il continuera de chaparder, pour toutes les fois où il s'est joué voyageur d'infortune, juste quelques instants en cellule, le temps qu'il faut pour le faire dérailler. Jusqu'à présent, il n'a pas les mains rougies, il s'en félicite, personne ne l'a fait traverser. La frontière qu'il a établie entre l'autre monde et celui-l. Il se fiche de la loi comme de n'importe quel slogan politique, ça fait longtemps pour lui qu'il n'y a plus aucune justice ici-bas, seulement celle du plus fort. Même avec le plus lourds  des dossiers si on veut le faire couler, il pourra que tomber. Mais y a des choses qui se font pas, qui sont inconcevable même dans son esprit de branleur dépassé.
Il se contente de traîner les mains dans les poches, traîner les godasses sur le bitume,gratter  sa semelle sur l'asphalte fraîchement coulé, slalomer entre les déchets, les merdes et les gens, la tête baissé, les bras plaqué contre son corps comme s'il avançait directement dans le couloir de la mort. De toute façon, il a été fait pour ne rien faire. Fait pour être spectateur de la misère. La faim dans le monde elle ne touche pas son estomac qui ne cesse de gargouiller, lui aussi à faim, ça fait une éternité qu'il a pas bouffé quelque chose qui lui donne envie de se faire péter la pense. Bouffer des pâtes constitue pas un repas équilibré, ça fera pas de lui un type plus musclé, plus apte à bosser, un gros soldat prêt à servir sa patrie si il finit appelé. Il serait le premier à se faire rapparier dans un joli cercueil qui a plus seul aura plus de valeur que tout ce qu'il a jamais possédé. Ça l'endort juste sur son comptoir quand il attend de servir des gens, les espoirs débiles de tout ces gens qui pensent pouvoir sauver le monde. Sauve toi toi-même, c'est la seule chose qui ait jamais comptée. Et le soir, par dépit, c'est dans l'alcool qu'il claque son argent, dans des verres qu'il paye à des gens mais c'est les gens qu'il achète pour ne pas finir seul.
Il lui faut de la compagnie pour pas finir sénile.
Et leur pancartes qu'il brandissent comme des fourches, d'un air farouche, en train de gueuler des trucs comme une vérité absolument. Et ils ont raison, il le sait. Ouais, ça, ça le rend malade. Elle est loin la révolution, s'ils veulent vraiment bouger les choses qu'ils fassent tout péter. Ça réglera le problème. Qu'il fassent exploser toute la terre tant qu'ils y sont. Que tout s'arrête. Il les hait, il sait même pas pourquoi, il sait juste que ceux qui défendent les bonnes causes il peut pas les blairer, peut-être parce que lui même ne sait pas quoi défendre, que même lui il sait à peine se vendre comme quelque chose vaut la peine d'être sauvé. Ça doit être des bourges, des gens qui ont les moyens d'adresser un chèque à la fin du moins pour encourager d'autres gens à faire comme eux, histoire de briller un peu plus dans les dîners, histoire de dire que t'as un but dans ta vie. Moi j'aide les handicapés, moi je nourris des enfants abandonnés, et toi tu fais quoi ? Je les baise tous. Les handicapés, les gens heureux, les malheureux. Les clochards, ceux qui sont pleins au as. Il veut juste vivre dans son coin, dans sa petite illusion, dans son petit monde tout rose et se dire que toutes ces marques de sang à la télé sont des tâche de son café. C'est un lâche Ed, il a pas le courage de se lever et poser le poing sur la table, à quoi bon ?
Il sait juste foutre la merde. Si bien, ça devrait venir son vrai métier. Conseiller les gens sur comment bien aller se faire foutre. Il siffle, hèle la foule, les deux doigts levés en provocation. Il pose son regard sur la masse humaine, à la recherche, sur le premier visage qui se retourne. Sa première et unique victime, le malchanceux qui va supporter qu'il se soit levé de mauvais pied. Parce qu'aujourd'hui, Ed, il en veut au monde entier. Une belle blonde. Portrait craché de toute les blondes qui lui ont foutu la misère. C'est personnel. C'est engagé aussi, toute la force qu'il met à écraser son mégot par terre devant ses petits yeux grands ouverts dans la surprise. Écarquillées. Ouais, regarde bien le show. Il s'imagine ce que ça doit faire à son coeur d'activiste, les palpitations qu'elle a choppé en se rendant compte qu'il existe des gens qui s'en foutent de ce qu'elle peut bien raconter. La paix. L'égalité. La fraternité. Mouais.
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MessageSujet: Re: BLOC NOTE   Mar 22 Aoû - 22:43


✯✯✯
y a trop de trucs qui le sépare de lyov, y a une génération entière, y a une vie entière. parfois il a l'impression de le comprendre où de voir ce qu'il veut dire, de visualiser comment il peut penser et l'instant d'après c'est la confusion totale, il plisse les yeux il s'imagine. il essaye d'imaginer, de penser comme le gamin qui n'a plus rien d'un gosse, il a beau tenter et faire tous les efforts du monde, il finit par lamentablement échouer. c'est pas un langage qu'il lui est possible de décrypter.
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